HAS – Qualité et efficience au cœur du projet stratégique 2019-2024

 

Indicateurs, parcours et engagement des patients :

le plan de bataille de la HAS

La construction de nouveaux parcours de soins (obésité, maladie coronarienne stable, insuffisance rénale chronique, etc.) et une implication accrue des patients dans les travaux de la HAS sont au cœur du plan stratégique 2019-2024 de l’institution.

HAS Pr Le Guludec

« Nous avons tous une responsabilité importante dans l’évolution du système de santé pour conserver sa qualité globale ».

La présentation du projet stratégique 2019-2024 de la Haute autorité de santé (HAS) a donné l’occasion à sa présidente, le Pr Dominique Le Guludec, de détailler les grands axes du plan de bataille de l’institution pour traquer les failles et les défauts du système de santé dans ses moindres recoins.

Six priorités forment l’épine dorsale de ce programme quinquennal : favoriser l’accès rapide et sécurisé à l’innovation ; encourager l’engagement des usagers ; promouvoir des parcours efficients de santé et de vie ; évaluer l’offre de soin et d’accompagnement au regard de la pertinence des pratiques et des résultats pour les personnes ; renforcer la présence de la HAS à l’international ; optimiser l’efficacité de l’institution.

La HAS a détaillé un chantier qui lui tient à cœur : la construction du parcours de soins du patient souffrant de BPCO, en collaboration avec l’assurance-maladie (CNAM). « Nous avons pris ce parcours comme pilote car la stratégie de prise en charge est déjà bien avancée, a défendu le Pr Le Guludec. Mais nous allons néanmoins retravailler avec un groupe d’experts pour identifier les points de qualité et les points qui posent problème. Élaborer les indicateurs de parcours global de vie est beaucoup moins simple que les indicateurs de qualité du tout-venant. »

À cet effet, la HAS va préparer « des outils », dont un guide parcours des patients ayant une BPCO actualisée et, éventuellement, des messages courts de pertinence à destination des professionnels de santé. Cette méthode de travail doit ensuite être déployée à d’autres pathologies chroniques : l’obésité, la maladie coronarienne stable, l’insuffisance rénale chronique, l’épilepsie, l’AVC, le cancer du sein ou encore le diabète.

La ville, chantier énorme

Autre ambition de la HAS : accélérer le développement d’indicateurs de pertinence et de qualité.

Où trouver ces indicateurs ? Le Pr Le Guludec mise sur l’utilisation des bases médico-administratives de la CNAM, de la DREES (service statistique du ministère de la Santé) et du futur Heath data hub, le guichet unique de données de santé délivré au premier trimestre 2019. « On ne va pas demander aux professionnels de santé de remplir les indicateurs. Dans une démographie médicale déclinante, nous devons éviter de leur faire perdre du temps médical », a reconnu la présidente de la HAS.

Dans la même veine, l’institution souhaite favoriser les indicateurs en provenance des usagers de santé. « Nous allons demander aux patients les informations concernant leur expérience [de soins, NDLR] et les résultats tels qu’ils les perçoivent », a-t-elle ajouté. La création d’un conseil pour l’engagement des usagers au sein de la HAS et l’élaboration d’une recommandation sur le sujet devrait contribuer à renforcer leur place dans les travaux de l’institution.

Concernant l’évaluation du travail en équipe et la pertinence des pratiques, la HAS milite pour une meilleure appropriation de la certification des établissements de santé par les professionnels et par les patients. La prochaine version de la certification ira donc dans le sens de la médicalisation, de la simplification et de l’« adaptation » du dispositif à la recomposition de l’offre sanitaire.

Et qu’en est-il de la ville ? « C’est un chantier énorme car il existe aujourd’hui peu d’outils », a reconnu le Pr Le Guludec. Si la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) développée par la CNAM est une première étape dans la qualité et la pertinence, la HAS souhaite aller plus loin. « Cela passe par les outils digitaux comme le DMP, l’analyse médicoéconomique et une implication des professionnels », a conclu la présidente.

source : Quotidien du Médecin